07/03/2008

Le bioéthanol à la pompe arrive à Genève

Le bioéthanol à la pompe arrive à Genève

CARBURANT | 16h22 Les automobilistes à la fibre écologiste n’ont plus l’excuse du manque de points d’approvisionnement pour retarder le moment de se mettre au carburant vert. La première station-service de Genève à proposer du bioéthanol à la pompe a inauguré son installation aujourd'hui.

 ANTOINE GROSJEAN | 07 Mars 2008 | 16h22

Il s’agit de la station Agip, située à Chambésy, le long de la route de Lausanne, juste avant le Vengeron. Jusque-là, seul le garage Grimm, au Petit-Lancy, proposait le mélange E85 à 85% d’éthanol et 15% d’essence. C’est la 32ème pompe du genre en Suisse, la plupart se situant dans le triangle Berne-Bâle-Zurich. Les responsables d’Agip s’attendent à ce que l’idée fasse tache d’huile et que de plus en plus de stations-service suivent le mouvement. Et par rebondissement, que de plus en plus d’automobilistes achètent des voitures adaptées.

Car pour l’instant, il n’y a en Suisse que 3000 à 3500 véhicules tolérant ce taux de bioéthanol en circulation. Une belle progression puisqu’il y a deux, ils n’étaient encore que 400. On les appelle des voitures flexi-fuel, car le moteur fonctionne aussi bien avec uniquement de l’essence qu’avec 85% d’éthanol. Donc, la rareté des points d’approvisionnement n’est pas un obstacle.

Le carburant E85 émet quatre fois moins de CO2 que l’essence ordinaire. De même sa production est quatre fois moins gourmande en énergie. Et à la pompe, chez Agip, le litre revient à 1,59 francs, contre 1,89 pour du sans-plomb. Enfin, pas question d’affamer les pays en développement pour faire rouler les riches : l’éthanol qui alimente les pompes suisses est uniquement de production locale et non-alimentaire puisqu’il est fait à base de déchets de bois.

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04/03/2008

Les biocarburants sont de plus en plus contestés au sein de l'UE

Les biocarburants sont de plus en plus contestés au sein de l'UE
Challenges.fr | 03.03.2008 | 19:38

Un centre de production de biodiesel, à Ocana, dans le centre de lEspagne. La place des biocarburants dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre est de plus en plus contestée au sein de lUnion européenne, qui se pose des questions sur le bilan environnemental de ces produits. /Photo darchies/REUTERS/Susana Vera
Un centre de production de biodiesel, à Ocana, dans le centre de l'Espagne. La place des biocarburants dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre est de plus en plus contestée au sein de l'Union européenne, qui se pose des questions sur le bilan environnemental de ces produits. /Photo d'archies/REUTERS/Susana Vera (c) Reuters

Par Yves Clarisse

BRUXELLES (Reuters) - La place des biocarburants dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre est de plus en plus contestée au sein de l'Union européenne, qui se pose des questions sur le bilan environnemental de ces produits.

Les ministres de l'Environnement des Vingt-Sept se sont retrouvés lundi à Bruxelles pour afficher leur intention de parvenir avant la fin de l'année à un accord sur une réduction de 20% des émissions polluantes d'ici à 2020.

Les Vingt-Sept veulent aller vite en besogne afin d'être en position de force pour aborder en 2009 la négociation internationale qui s'ouvrira sur l'après-protocole de Kyoto et la Commission européenne a proposé une batterie de mesures.

Il s'agit de concrétiser l'objectif d'une réduction de 20% des gaz à effet de serre par rapport à 1990, voire 30% en cas d'accord international, en imposant de nouvelles contraintes aux industries, en produisant au moins 20% d'énergies renouvelables en 2020 et en utilisant 10% de biocarburants dans le total.

Ce dernier objectif fait de plus en plus débat depuis que les dirigeants européens l'ont fixé en mars 2007.

"L'ambiance a changé", souligne un diplomate européen de haut rang. "On se rend maintenant compte des conséquences potentiellement dévastatrices des biocarburants."

"UN ENJEU MAJEUR" SELON LA FRANCE

Le risque est de voir les agriculteurs consacrer une partie importante de leurs terres à la production de ces produits au détriment des denrées alimentaires - voire, comme au Brésil, de détruire la forêt amazonienne -, un phénomène qui explique déjà partiellement la hausse des cours des matières premières.

"La hausse des cours des denrées alimentaires est un enjeu absolument majeur", a déclaré le ministre français de l'Ecologie et du Développement durable, Jean-Louis Borloo.

Il a réclamé des critères de "durabilité" en ce qui concerne l'eau, les terrains et les prix qui, s'ils ne sont pas respectés, doivent donner lieu "à des mesures correctrices très importantes et de toute nature, si c'est nécessaire".

La Commission européenne a bien prévu des critères en ce sens: ne seraient déclarés "bio" que les carburants d'origine naturelle qui permettent d'économiser au moins 35% de CO2 par rapport aux carburants fossiles et s'ils proviennent de matières premières autres que les forêts naturelles.

"Ces critères de durabilité ne sont pas suffisamment forts", a déploré la ministre danoise de l'Environnement, Connie Hedegaard, qui juge la piste biocarburants "trop étroite".

Le Royaume-Uni est lui aussi inquiet devant un développement potentiellement anarchique de ces produits.

"Nous nous inquiétons de l'incidence environnementale", a expliqué Hilary Benn en évoquant le manque de terres et la déforestation. "Est-ce qu'ils apporteront vraiment une contribution à la lutte contre le réchauffement climatique?"

Pour le ministre polonais de l'Environnement, Maciej Nowicki, il faudrait pouvoir empêcher les importations de biocarburants en provenance de pays qui ne respectent pas les mêmes contraintes et son homologue autrichien, Josef Pröll, a estimé que les critères de durabilité devaient être fixés au niveau mondial pour que les règles du jeu soient équitables.

LE RISQUE DE DÉLOCALISATION

Toutes ces questions, ont estimé les ministres, devront trouver des réponses dans le rapport du groupe à haut niveau qui doit rendre ses conclusions sur ce dossier au printemps.

D'autres propositions suscitent également un débat.

Ainsi, la Commission a d'abord proposé un mécanisme européen, et non plus national, d'échange de permis de polluer qui se basera sur les secteurs industriels afin d'éviter les distorsions et, à terme, toutes les industries devront acheter aux enchères 100% de leur CO2 afin de les responsabiliser.

Mais certains secteurs gloutons en énergie, comme l'acier ou les raffineries, disposeront d'un mécanisme différent mais non encore précisé et la Commission a reporté à 2011 la possibilité, demandée notamment par la France, de taxer les importations en provenance de pays qui ne respectent pas les mêmes normes.

Des pays peu soucieux de l'environnement qui refuseraient après 2013 de faire des efforts pourraient en effet bénéficier de ce phénomène de "fuite carbone" en se montrant laxistes.

"Il faut un signal beaucoup plus clair et ferme aux pays qui refusent de s'engager", a souligné Jean-Louis Borloo.

Certains pays peu gâtés par la nature se demandent par ailleurs comment ils vont arriver à l'objectif européen d'utiliser au moins 20% d'énergies renouvelables provenant de sources comme l'éolien, le solaire ou la biomasse, contre 8,5% aujourd'hui. Cet objectif est décliné selon les pays.

Pour contourner l'obstacle, ces pays pourront acheter des certificats d'énergie renouvelable produite ailleurs, mais ce système suscite des divergences entre les Vingt-Sept.

Si le petit Luxembourg, qui n'a aucune chance d'arriver à produire sur son territoire 20% d'énergies renouvelables, en fait une "condition sine qua non" de son accord et refuse toute limitation sur ces transferts, l'Allemagne veut pouvoir garder chez elle son énergie renouvelable subventionnée.

 

17:20 Écrit par Vincent dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |