31/08/2007

Les biocarburants, plus de mal que de bien ?

Les biocarburants, plus de mal que de bien ?

30/08/2007 - 15h11 - © BusinessWeek

Une récente étude révèle que la multiplication de plantations dédiées à la production de biocarburants pourrait être plus nuisible à l’environnement que les carburants traditionnels.
Dans un effort de prévention d’une crise énergétique imminente, les industries se penchent sur les possibilités de générer de l’énergie sans nuire à l’environnement. Les biocombustibles sont devenus une solution dans le secteur des transports, le diesel remplace le pétrole, mais certains experts avertissent que ces nouveaux carburants peuvent s’avérer encore plus nuisibles.

Comme les biocombustibles produisent 75 % de dioxyde de carbone en moins, ils sont a priori une option favorable à l’environnement. Cependant, des chercheurs de l’Université de Leeds et du World Land Trust, une organisation de conservation des écosystèmes, ont exprimé leur inquiétude : le développement de plantations destinées à produire du biocarburant pour les voitures peut se révéler plus nuisible pour l’environnement que les carburants traditionnels qu’ils remplacent.

Les deux institutions s’inquiètent du fait que dans les pays en développement, de grands espaces aient été dégagés afin d’y cultiver de la canne à sucre et des palmiers à l’huile pour répondre à nos besoins de consommation énergétique actuels. Il est évident que la biomasse transformée produit moins de dioxyde de carbone que les carburants traditionnels. Mais les scientifiques ont constaté que le biocombustible aura émis neuf fois plus de dioxyde de carbone que les carburants traditionnels, parce que les cultures pour les biocarburants sont la plupart du temps effectuées sur des terres brûlées et déboisées de la forêt tropicale.

Une des raisons de la déforestation pour ces nouvelles cultures est que la terre est déjà consacrée à l’élevage du bétail et aux plantations pour la nourrir ce bétail : il reste fort peu d’espace pour des cultures dédiées aux énergies alternatives. À moins que les Occidentaux n’éprouvent soudain un attrait irrévocable pour un régime végétarien, nous ne serons pas capables de faire face à la demande de biocombustibles sans détruire davantage de forêts.
Le coauteur de l’étude, M. Dominick Spracklen, de l’Ecole de la terre et de l’environnement de l’Université de Leeds, affirme que si vous êtes soucieux de réduire les émissions de carbone, les biocombustibles ne sont pas la bonne solution. "En fait, ils peuvent avoir un effet nuisible ailleurs dans le monde. La quantité de carbone émis lors du déboisement des forêts pour faire de la place aux plantations de biocombustibles est beaucoup plus élevée que celle qui, sur une période de 30 ans, serait économisée par les biocarburants".

Il soulève également l’importante question du consumérisme éthique ou de la consommation en général ; selon lui, en utilisant ce genre de carburant, vous "fermez les yeux sur ce qui se passe dans le monde, et par cette attitude, vous contribuez peut-être à aggraver les choses".

M. Spracklen écrit que la protection des forêts et savanes existantes, le reboisement et la réhabilitation de prairies et un meilleur moyen de sauver le monde. Tout progrès doit en même temps proposer une solution d’économie d’énergie et de développement de nouvelles sources d’énergie durables. Il est évident que nous devons utiliser des substituts des combustibles fossiles dans la production d’énergie, et une partie de la solution est dans la découverte de moyens durables pour la culture de biocarburants.

Si l’étude parle essentiellement des plantations cultivées sur des terres brûlées et déboisées de la forêt tropicale, il est aussi question de biocarburants provenant de la biomasse de la cellulose. Dans ce cas, il s’agit de sources plus durables, qui utilisent de l’herbe et des déchets végétaux et n’ont pas besoin d’être cultivées à part. Reste à déterminer si le développement de ce genre de technologies aura un effet positif sur la déforestation.

Le message clair de cette étude est qu’on a besoin d’une orientation holistique et globale dans la recherche de ressources mondiales "durables".

09:18 Écrit par Vincent dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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