22/08/2007

 

Biocarburants : la France prend du retard

THIÉBAULT DROMARD.
 Publié le 04 août 2007
Actualisé le 04 août 2007 : 20h36
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Le gouvernement Villepin s'était engagé à l'installation de 500 « pompes vertes » d'ici à la fin de l'année 2007. « Ce pourrait même être plus », avait précisé Thierry Breton (ci-dessus), alors ministre de l'Économie et des Finances. Le gouvernement Villepin s'était engagé à l'installation de 500 « pompes vertes » d'ici à la fin de l'année 2007. « Ce pourrait même être plus », avait précisé Thierry Breton (ci-dessus), alors ministre de l'Économie et des Finances.
Soriano/Le Figaro.
Seulement une centaine de pompes de bioéthanol sont aujourd'hui disponibles sur 500 prévues d'ici à la fin de l'année.
INAUGURÉ en grande pompe à l'automne dernier, le biocarburant E 85, qui comprend 85 % d'éthanol (élaboré à partir de blé, de maïs ou de betterave), connaît quelques retards à l'allumage. Le gouvernement Villepin s'était engagé à l'installation de 500 « pompes vertes » d'ici à la fin de l'année 2007. « Ce pourrait même être plus », avait précisé Thierry Breton, alors ministre de l'Économie et des Finances. Au 1er août, on en était encore très loin. D'après les chiffres de la Direction générale de l'énergie et des matières premières du ministère de l'Écologie, la France métropolitaine comptait une centaine de pompes E 85 réparties de façon inégale dans l'Hexagone tandis que 100 dossiers sont en attente d'agrément. À ce jour, des régions entières comme la Champagne-Ardenne, le Limousin ou encore la région Centre ne sont toujours pas équipées. La Bretagne n'en compte qu'une seule, à Trégastel.
Dès le départ, le lancement de cette filiale a pris du retard. Si l'ensemble du cadre législatif a été fixé fin 2006, le texte officiel régissant l'encadrement technique des stations-service n'a été publié que le 2 mars 2007. « La construction des nouvelles pompes E 85 n'a vraiment démarré qu'il y a quatre mois », confirme Yves Lemaire, responsable du bureau raffinage et biocarburant au ministère de l'Écologie. C'est effectivement en avril que les différents opérateurs - Leclerc, Carrefour et Total pour l'essentiel - ont démarré leurs travaux. « Entre les aménagements nécessaires et la mise en conformité de la structure commerciale, mettre en place une pompe E 85 ne prend guère plus de quinze jours pour nous », souligne Jacques Blondy, directeur du département développement agricole chez Total.
À ce jour, le réseau Total dispose d'une vingtaine de stations équipées alors que le groupe s'était engagé à en ouvrir 70 pour l'été. « Les opérateurs sont prêts à mettre toute la meilleure volonté du monde mais les autorisations d'agrément tardent à venir », relève Jean-Louis Schilansky, délégué général de l'Union française des industries pétrolières. « L'administration est effectivement débordée. Il y a un engorgement des dossiers, qui sont un peu tous arrivés en même temps », confirme Yves Lemaire.
Montée en puissance dès la rentrée
Conscient du problème, le ministère de l'Écologie vient d'envoyer une circulaire aux préfets et aux Directions régionales de l'industrie de la recherche et de l'environnement (Drire), en charge du traitement de ces dossiers. Dans cette note, le ministère demande explicitement d'accélérer la cadence des agréments. Si bien que, selon Yves Lemaire, « il n'y a pas de raison de penser que l'objectif des 500 pompes ne soit pas atteint à la fin de cette année. Lors du dernier comité de suivi, les enseignes Carrefour et Leclerc ont même affiché des prévisions qui dépassent leurs engagements initiaux », indique rassurant le représentant de l'État, coordinateur de ce dossier. « Ce retard n'a rien d'inquiétant », relativise Gildas Cotten, du Syndicat national des producteurs d'alcools, représentant le volet agricole du dossier. « Tout lancement de filière prend forcément un peu de temps. » « Les constructeurs français viennent seulement de lancer leur modèle flex-fuel, les seuls habilités à recevoir du E 85. Ce programme va monter en puissance dès la rentrée », poursuit-il.
Il reste que la spécificité des véhicules flex-fuel est de rouler aussi bien au bioéthanol qu'à l'essence sans plomb. Un consommateur ne sera donc jamais vraiment en panne. C'est d'ailleurs ce que voudrait prouver Ford. Fin août, le constructeur a prévu de rallier Paris en partant du cercle polaire avec huit voitures flex-fuel et de ne faire le plein qu'avec du E 85.
« Le lancement du E 85 est un pari sur l'avenir. Au prix actuel de l'essence sans plomb, le E 85, vendu en moyenne 80 centimes d'euro du litre, est évidemment compétitif. Mais qui est concerné ? », interroge Jean-Louis Schilansky. À ce jour, plus de 70 % du parc automobile français sont composés de voitures Diesel. Même à 80 dollars le baril, le gazole reste plus compétitif que le bioéthanol qui induit une surconsommation de l'ordre de 30 % par rapport à un carburant classique. À moins que l'argument écologique ne fasse la différence.

16:08 Écrit par Vincent dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : france |  Facebook |

Commentaires

La france a toujours du retard, même sur elle même On nous avait promis 500 stations et elles ne sont pas là.
Dur d'être écolo, s'il faut faire 50 bornes pour remplir le réservoir.

Eric, http://ethanol-e85.fr

Écrit par : eric | 28/01/2008

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