19/01/2007

Note de la Commission Européenne

Les biocarburants ne doivent pas devenir les parents pauvres des énergies renouvelables, selon Mme Fischer Boel

[Date: 2007-01-16]

«Les biocarburants sont notre seul espoir réaliste de réduire de manière significative notre dépendance à l'égard du pétrole dans le secteur des transports au cours des 15 prochaines années. Par conséquent, nous ne devons pas les laisser devenir les parents pauvres des autres formes d'énergie renouvelable», a déclaré la commissaire de l'UE responsable de l'agriculture et du développement rural, Mariann Fischer Boel, le 12 janvier.

Convaincue de l'intérêt des biocarburants, la Commission a adopté diverses mesures pour encourager leur utilisation, parmi lesquelles une directive en 2003 sur les cibles relatives aux biocarburants, un plan d'action, une stratégie de l'UE pour un concept de marché réglementé des biocarburants, une aide aux cultures énergétiques et la politique de développement rural.

Toutefois, il revient à chaque pays individuellement de créer les infrastructures nécessaires aux biocarburants et d'introduire des incitations à les utiliser. Actuellement, les biocarburants sont plus chers que les autres formes d'énergie renouvelable, ce qui explique en partie pourquoi les États membres de l'UE ont souvent favorisé d'autres formes d'énergie renouvelable. Mais pour le secteur des transports, les biocarburants sont la clé d'un avenir durable, estime Mme Fischer Boel.

L'objectif de la Commission est de porter à 20 % la part des sources renouvelables dans la consommation énergétique de l'UE à l'horizon 2020. Le chiffre actuel est inférieur à 7 %. D'ici à 2020, les biocarburants devraient également représenter au moins 10 % des carburants utilisés dans le secteur européen des transports. Cet objectif est réalisable, a déclaré Mme Fischer Boel.

Toutefois, s'il est extrêmement important de développer aujourd'hui le marché des biocarburants, il est tout aussi vital d'acquérir de nouvelles connaissances et de développer de nouvelles technologies propres à stimuler le marché des biocarburants de l'avenir. «Il est essentiel de réaliser que la technologie ne nous conduira pas à réaliser un rêve impossible. Les défis auxquels nous sommes confrontés doivent être relevés maintenant grâce à la première génération de biocarburants, puisque c'est ce dont nous disposons pour le moment. Le passage à une économie à faible teneur en carbone ne peut attendre», a déclaré la commissaire.

«Néanmoins, nous pouvons raisonnablement espérer que la recherche mènera à des carburants de meilleure qualité et d'un meilleur rapport coût-efficacité. Ainsi, tout en développant le marché des biocarburants d'aujourd'hui, nous devons aussi soutenir le rythme de la recherche. C'est un aspect essentiel de notre approche stratégique», a poursuivi la commissaire.

La Commission n'est pas la seule à s'enthousiasmer pour les biocarburants: les pays asiatiques et du Pacifique sont également en train de créer un marché des biocarburants. Les dirigeants des pays d'Asie du Sud-Est (Australie, Nouvelle-Zélande, Inde, Japon, Chine et Corée du Sud) ont signé un accord le 15 janvier, selon lequel ils conviennent de réduire leur dépendance à l'égard des sources d'énergie conventionnelles et de promouvoir les biocarburants.

Mais les biocarburants suscitent aussi du scepticisme. Certaines organisations environnementales pensent que la production de biocarburants pourrait en réalité faire plus de mal que de bien. Elles affirment que le monde occidental pourrait commencer à compter sur les pays pauvres pour alimenter leur culture de l'automobile, incitant ceux-ci à cultiver des plantes bioénergétiques au détriment des cultures alimentaires. Le changement de cultures pourrait également avoir d'importantes répercussions sur les écosystèmes naturels.

D'autres critiques prétendent également que la production de biocarburants nécessite plus d'énergie que ceux-ci n'en contiennent eux-mêmes, que la construction des infrastructures nécessaires autour des plantations sera préjudiciable pour l'environnement, que les produits chimiques utilisés sur les plantations peuvent présenter un risque pour la santé humaine, et que l'utilisation de plantes génétiquement modifiées pour produire des biocarburants est discutable.

La deuxième génération de biocarburants envisagée par la Commission, qui utiliserait des sources telles que la paille, le bois, les copeaux de bois ou le fumier, pourrait favoriser la résolution de ces problèmes.

09:45 Écrit par Vincent dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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